Lausanne, Mai 6, 2002.
Debiostar: Debiotech’s passive implantable drug delivery device
in l’Agefi.

An article by Manuela Palma de Figueiredo.


L’Agefi is the leading French speaking Swiss newspaper for business and finance.

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Abstract:

Debiotech , a Lausanne based company takes drug delivery
to the “nano” scale.

Debiotech, the company specialised in innovative drug delivery devices, this month starts in vivo studies for the DebioStar. This is a novel capsule with an ingenious use of a nanoporous membrane for selective drug delivery to the body. Directly implantable, it allows the constant delivery of an active substance over period of 6 months or longer. The targeted diseases vary from neurodegenerative diseases, such as Alzheimer’s and Parkinson’s to Multiple Sclerosis and Hepatitis B and C. The Debiostar can also be used for the diffusion of peptides and hormones. Each medication will require a specific membrane for a specific release profile. This is determined by the use of a software which calculates the thickness of the membrane (from 10 to 200 micrometers) and the diameter of the pores (between 2 and 5 nanometres). The manufacture of the membrane allows a very uniform and regular characteristics of these pores. The capsule can either contain the active product in a solid form (e.g. 30 milligrams) which lengthens the life time of the implant, or in a diluted form. Recent in vitro tests have demonstrated stable controlled constant release of up to 90% over a five months period. The low cost of manufacture of the DebioStar due to its simplicity and need for very small surface areas, is a another strong point of this product. Debiotech is currently in various negotiations with pharmaceutical groups in different countries.

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L'agefi - 6 mai 2002
Medtech - Nanotechnologies
La société débute ce mois les essais in vivo pour le DebioStar et cherche différents partenaires pharmaceutiques

La lausannoise Debiotech redimensionne les systèmes de délivrance de médicaments à l'échelle nanométrique

Le marché du "drug delivery" enregistre une très forte progression. Il pourrait atteindre septante milliards de dollars en 2005.
Manuela Palma de Figueiredo

Un pas décisif va être franchi dans le domaine des nanotechnologies. La société lausannoise Debiotech, spécialisée dans le développement de dispositifs innovants pour l'administration de médicaments, débute ce mois les premiers tests in vivo pour le DebioStar. Derrière ce nom de vedette se cache une capsule inédite, dotée d'un processus ingénieux de membrane nanoporeuse pour la diffusion sélective de médicament dans le corps.
Directement implanté sous la peau du patient, ce petit cylindre biocompatible de trois centimètres de long pour trois millimètres de diamètre permet une administration constante de la substance active sur une longue période (six mois ou plus). De quoi intéresser plus d'une société pharmaceutique. Debiotech cherche d'ailleurs activement - en Suisse notamment - différents partenaires pharmaceutiques pour mener à bien ses essais cliniques, voire, déjà, ceux qu'elle s'apprête à lancer.

Une innovation venue d'Allemagne
Voilà une année que Debiotech occupe trois de ses collaborateurs à la mise au point du DebioStar avec à son actif plusieurs brevets déposés. Contrairement à bon nombre de ses produits phares, la membrane nanoporeuse n'est pas née dans les laboratoires de l'EPFL. La société a racheté certains droits de licence, en l'occurrence ceux concernant l'administration de médicaments, à une Université en Allemagne, dont le nom est tenu secret et qui utilise ces nanomembranes à d'autres fins. Cette technique vient ainsi compléter sa plate-forme de développement de systèmes d'administration de médicaments - Debiotech, fondée en 1990, développe en parallèle des systèmes d'infusion électronique, comme les micropompes à insuline.

Traiter le cancer comme la maladie de Parkinson
Les perspectives thérapeutiques de ce diffuseur nanométrique sont énormes. La palette des maladies visées va des troubles neurodégénératifs, tels que l'alzheimer ou le parkinson, au traitement de divers cancers, de la sclérose en plaques ou encore des hépatites B et C. Le DebioStar pourrait également servir à la diffusion d'hormones et d'homologues d'hormones, par exemple dans un but contraceptif.
Toutefois, chaque maladie requiert un temps de diffusion du médicament qui lui est propre et par conséquent un type de membrane bien spécifique, lequel peut aisément être établi au moyen d'un logiciel. Toute l'astuce du système consiste ainsi à jouer sur l'épaisseur de la membrane (entre 10 et 200 micromètres) et surtout sur le diamètre de ses pores (entre 2 et 50 nanomètres) pour obtenir la bonne vitesse de diffusion. "Plus la membrane sera épaisse ou le pore étroit, plus le temps de diffusion de la molécule active sera long, et inversement", explique Alan How, responsable du projet chez Debiotech. "Nous pouvons donc jouer sur deux facteurs. Par ailleurs, la technologie actuelle nous permet de fabriquer des pores avec un diamètre très précis et d'obtenir de ce fait des matrices (membranes) extrêmement régulières."

La diffusion du médicament est stable sur une période de cinq mois
Outre le contrôle de la diffusion, la capsule comporte un autre avantage : le produit actif est chargé sous forme de poudre (environ 30 milligrammes) et non sous forme liquide, ce qui permet de rallonger sensiblement la durée de vie de l'implant. "Des tests ont tout récemment démontré in vitro que la diffusion du produit était stable sur une période de cinq mois", s'enthousiasme le manager. "De plus, grâce à notre système, la bio-disponibilité (quantité de médicament absorbée par les cellules, ndlr) atteint les 90%, alors qu'elle est à peine de 30% dans les traitements classiques - c'est-à-dire pris par voie orale - et navigue entre 10% et 25% en cas de prise par la voie de l'inhalation", poursuit Alan How. Certes, ces résultats sont encourageants. Mais le point fort du DebioStar se situe surtout au niveau financier. Le concept est simple, et par conséquent peu coûteux. "La fabrication de la membrane est peu onèreuse car seule une petite surface est nécessaire", estime Alan How.

Le système est limité par sa simplicité
Si la simplicité du processus offre certains avantages tant en matière de prix que de confort d'utilisation, elle engendre aussi certaines limites. La capsule ne peut pas, par exemple, être rechargée de l'extérieur, ce qui signifie que l'implant doit être remplacé à chaque nouvelle prescription. Un développement d'une version rechargeable est néanmoins en cours. Une des applications visée est la sclérose en plaques, l'idée étant de remplacer les injections bihebdomadaires par un implant unique rechargeable tous les deux ou trois mois.
Par ailleurs, étant donné que la membrane fonctionne par simple effet de diffusion passive, il n'est pas possible de contrôler le débit du médicament au cours du temps, c'est-à-dire que la capsule n'est pas dotée d'un système de régulation ("bouton on/off") qui permette d'arrêter, d'induire, d'accroître ou de diminuer la diffusion du médicament. Des maladies telles que le diabète, où des doses inégales d'insuline sont requises tout au long de la journée, ne pourront ainsi pas profiter du DebioStar. A moins d'y incorporer une nanopompe…. "C'est une option envisageable", renchérit le manager, sans donner plus de détails. Une autre alternative consisterait à intégrer dans la capsule des cellules vivantes, garantes d'une régulation de l'expression des protéines thérapeutiques. C'est ce que tente de faire Modex Therapeutics, voisin de Debiotech. Reste que l'innovation de Debiotech devrait séduire les grands groupes pharmaceutiques pour qui le domaine du "drug delivery" représente un enjeu central.

Une mise sur le marché prévue dans cinq ans
Le marché des systèmes de délivrance de médicaments est d'ailleurs l'un de ceux qui enregistrent la plus forte progression dans le secteur pharmaceutique. Selon une étude du Scripps publiée en 2001, il devrait atteindre septante milliards de dollars en 2005.
La société reste extrêmement discrète sur ses négociations en cours dans différents pays, notamment au Japon. Des pharmas suisses ne semblent, cela dit, pas exclues, bien au contraire… avec, à la clef, une première mise sur le marché attendue pour dans cinq ans.

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