Lausanne, March 7, 2003.
Debiotech on the cover of the Swiss Financial Newspaper l'Agefi.
An article by Manuela Palma de Figueiredo.


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L'agefi - 7 mars 2003
A LA UNE
EXCLUSIF - La société se lance dans les stents à surface médicamenteuse

La vaudoise Debiotech s'empare du joyau technologique de Jomed

Le marché de cette gamme de produits pourrait atteindre 5 milliards de dollars d'ici 2005.

Manuela Palma de Figueiredo

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. L'adage trouve aujourd'hui une nouvelle confirmation. Face à ses problèmes financiers, Jomed a dû se résoudre à abandonner en partie sa course aux stents à surface médicamenteuse. Un défi que beaucoup d'analystes estimaient d'ailleurs trop ambitieux pour le petit groupe néerlandais. Debiotech reprend désormais le flambeau. L'accord de licence, qui a une portée internationale, a été signé mardi avec une entreprise allemande dont le nom est tenu secret. Cette dernière est à l'origine de la technologie novatrice qui, grâce à un enrobage des stents par une céramique biocompatible, permet la diffusion de substances actives. Le montant de la transaction n'a pas été révélé.

Par cette signature, la société lausannoise fondée en 1990 embrasse un marché estimé aujourd'hui à 2,7 milliards de dollars et qui pourrait atteindre les 5 milliards de dollars d'ici 2005.

Une nouvelle plate-forme technologique
Debiotech détient déjà plusieurs licences sur la technologie à base de céramique développée par l'entreprise allemande. Seule ombre au tableau: le domaine des stents était jusqu'alors la chasse gardée de Jomed, qui a conclu il y a deux ans un accord de licence au niveau mondial pour cette application. Le puzzle est désormais complet. En intégrant les stents à ses activités, Debiotech se dote d'une nouvelle plate-forme technologique.

"Nous mettons enfin la main sur ce qui peut être considéré comme l'eldorado des sociétés actives dans les technologies médicales!" se réjouit Frédéric Neftel, CEO de Debiotech, qui a toujours gardé un œil attentif sur les travaux de Jomed. Les stents à surface médicamenteuse constituent en effet un marché en pleine ébullition qui devrait permettre de révolutionner le traitement des maladies cardiovasculaires. "Avec les stents coronariens classiques, entre 30% et 40% des artères se rebouchent en l'espace de six mois à un an, relève le CEO. La diffusion d'une substance active, par le biais d'une membrane nanoporeuse qui recouvre le stent, permet de réduire ce risque de rechute à seulement 2%."

La biocompatibilité pour cheval de bataille
Si les stents à surface médicamenteuse devaient effectivement peu à peu suppléer les stents "ancienne génération", Debiotech devra compter avec de nombreux concurrents de taille, à commencer par le géant Johnson & Johnson. Le groupe américain a lancé l'année dernière un produit similaire en Europe, le Cypher Stent, lequel est par ailleurs en phase d'homologation aux Etats-Unis. Les sociétés Boston Scientific, Medtronic et Guidant sont également dans la course. Afin de se différencier, Debiotech compte sur un détail technique. "Notre membrane nanoporeuse est en céramique et par conséquent biocompatible, alors que le Cypher Stent de Johnson & Johnson est à base de polymère, avance Frédéric Neftel. Cette biocompatibilité devrait nous permettre d'accroître sensiblement les performances de nos stents."

Une première mise sur le marché à l'horizon 2005
Debiotech envisage de consacrer 20% de ses activités au développement de ce nouveau produit, avec, pour premier domaine thérapeutique, les maladies cardiovasculaires. Les recherches ont déjà débuté et la société est en pourparlers avec plusieurs grands acteurs du domaine. Une mise sur le marché pour cette première indication est envisagée d'ici deux, voire trois ans. D'autres domaines thérapeutiques pourraient, par la suite, venir élargir la palette d'applications du système. "Nous visons tous les domaines où des implants biocompatibles et diffuseurs de médicaments peuvent être utiles, par exemple les prothèses de hanche, vasculaires ou encore osseuses", conclut le CEO.

Reste à savoir ce qui va se passer pour Jomed. La société cotée sur le SPI se voit amputée d'un de ses produits les plus prometteurs, dont le coût de développement s'est certainement révélé trop élevé. Le titre a fléchi hier de 4,1% à 4,25 francs.

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