|
Le cours d’Inverness Medical Technology
explose de 660% au Nasdaq
Debiotech signe un contrat stratégique
pour distribuer ses micropompes à insuline
La société lausannoise
cède une licence pour 10 millions de dollars à l’américaine.
Un pas important vient d’être
franchi dans le traitement du diabète. Debiotech à
Lausanne, spécialisée dans le développement
de technologies médicales innovantes destinées à
l’administration de médicaments, vient en effet de signer
un accord stratégique important concernant le développement
d’une nouvelle pompe médicale destinée au traitement
du diabète avec la société américaine
Inverness Medical Technology de Boston, cotée au Nasdaq et
leader dans le domaine de la mesure de la glycémie.
Ce contrat prévoit en particulier,
un versement de 10 millions de dollars avant la fin de cette année
destiné à l’acquisition des droits, et des redevances
de 10% maximum sur les ventes, pour autant que les conditions du
marché demeurent telles quelles. Des paiements supplémentaires
sont également envisagés en fonction notamment du
développement d’une pompe à insuline implantable.
Outre-Atlantique, la collaboration a été accueillie
hier avec enthousiasme par les actionnaires majoritaires d’Inverness
Medical Technology. En effet, alors que les cours, dans les chaussettes
en 1999, a gagné 660% depuis le début de l’année,
les actionnaires, sûrs d’eux, entendent émettre maintenant
pour 3.6 millions de nouveaux titres.
Une différence de taille
Pour la société lausannoise,
ce contrat est également un pas décisif. " Nous
nous sommes penchés sur cette solution très novatrice
il y a plus de huit ans, c’est-à-dire bien avant nos concurrents,
et aujourd’hui le produit est mûr pour être licencié ",
explique Brigitte Neftel, responsable stratégie et relations
publiques chez Debiotech. La différence entre la pompe de
Debiotech, qui a déjà développé plusieurs
dispositifs électroniques d’administration de médicament
homologués en Europe et aux Etats-Unis, et celle, par exemple
de Disetronic, c’est las taille.
En collaboration avec l’EPFL, Debiotech
a en effet mis au point une micropompe inspirée de la technologie
de fabrication des circuits intégrés en silicium pour
traiter le diabète. " Ce procédé
– la miniaturisation issue des technologies Silicium MEMS (Micro-Electro-Mechanical
Systems) – est particulier et peu de produits sont actuellement
basés sur cette technologie ", commente Philippe
Renaud, professeur à l’Institut de microsystèmes et
responsable du centre de microtechnologie de la Haute Ecole, réputé
pour sa salle blanche pour le processing de silicium. Cette technologie
permet davantage de précision dans la distribution des doses
pour le patient, le débit étant de 150 nanolitres
à chaque ouverture de la pompe. Debiotech, qui collabore
aussi avec le groupe anglo-norvégien Amersham-Nycomed depuis
son laboratoire du Flon à Lausanne, dispose d’ailleurs de
plus de 100 brevets et demande de brevets dans le monde concernant
ces technologies et fait figure de pionnière en matière
de micropompes micro-usinées de précision.
Du patch à la micropompe
implantable
Prévue pour être lancée
sur le marché d’ici deux à trois ans, la micropompe
de Debiotech sera collée sur la peau au moyen d’un adhésif,
tous deux résistants à l’eau. Outre la distribution,
Inverness Medical Technology possède également un
capteur de glucose qui s’avère être le complément
idéal de la micropompe de Debiotech. En effet, le capteur
de glucose est un élément indispensable au fonctionnement
de la pompe, avec laquelle il pourrait communiquer des informations
programmées relatives au patient via les ondes radio. A terne
évidemment, le challenge de l’EPFL et de Debiotech est de
développer une micropompe intégrée, c’est-à-dire
implantable sous la peau " comme un pacemaker "
et qui serait rechargeable depuis l’extérieur grâce
à une toute petite aiguille ", ajoute Philippe
Renaud.
Par Sylvie Gardel, AGEFI du 26 octobre
2000.
|